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  1. Alina B

    Alina B edited the description of L'âme romantique et le rêve Thursday, April 22, 2010.

    • De la psychologie pure à la métaphysique, une conversion profonde a changé le sens du mot rêve chez les penseurs romantiques. Élevés dans la double tradition, cartésienne et irrationaliste, du XVIIIe siècle finissant, ils trouvèrent bientôt insuffisante la description de l’être humain que leurs aînés avaient établie, le schéma de forces et de facultés, dont le fonctionnement était censé obéir aux lois d’une stricte mécanique de l’esprit. Souhaitant rendre compte des régions plus obscures de notre nature, sentant en eux-mêmes les nostalgies qu’avaient éveillées le sentimentalisme des disciples de Jean-Jacques, le renouveau religieux du piétisme et les découvertes des sciences nouvelles, instruits, en outre, par l’occultisme à une pensée qui tendait à l’unité, ces penseurs furent amenés à poser des questions que l’on avait crues dépassées depuis longtemps par le "progrès des lumières". Ils se détournèrent de la simple énumération des faits, pour se demander à nouveau quelles raisons d’espérer et d’agir, de surmonter l’angoisse et de croire à un sens de la vie, pouvaient se puiser à la connaissance de notre enracinement terrestre, comme de nos origines non terrestres. La psychologie tenta de redevenir ce qu’elle ne devrait jamais cesser d’être : la science de l’âme. On se remit en quête d’une doctrine qui restituerait à l’homme son unité et referait de lui un organisme possédant un centre, un lieu intérieur des certitudes. Et cela n’allait pas sans une autre croyance, parallèle et consubstantielle à la première : croyance en une unité cosmique, ou en une âme de l’univers.
      C’est parce qu’elle a sa source dans une initiation poétique, que la pensée romantique fait si nette la distinction entre le "moi" apparent et l’âme profonde où l’individu renonce à ce qui le sépare, pour n’être plus que créature humaine en face de son destin. Ainsi se compose, de tant de visages différents les uns des autres, le visage unique d’une époque qui fut l’une des plus ambitieuses, l’une des plus hardies à affronter le mystère, qu’ait connues l’humanité.
      Albert Béguin

      La recherche d'Albert Béguin, consacrée au rêve (sommeil, mais aussi rêverie poétique) ouvre un champ dans lequel Phénoménologie, Philosophie et Littérature parviennent à trouver un point de concordance.
      La fascination pour le rêve appartient à un patrimoine culturel qui déborde du cadre des frontières et des âges : si de nombreuses perspectives ont régi les conceptions oniriques depuis l'Antiquité, il manquait à l'appareil théorique une étude sur l'historique des croyances rattachées au Rêve.

      "Malgré ses ambitions synthétiques, l'ouvrage ne cherche pas à mettre au jour des influences littéraires, mais des affinités spirituelles entres certains courants de la philosophie allemande du XVIIIe siècle (la Naturphilosophie, qui spécule sur l'unité cosmique de la nature et de ses aspects obscurs révélés par le rêve), les romantiques allemands, et des écrivains français comme Nerval, Proust et les surréalistes.
      Selon Albert Béguin, ces poètes ont en commun de concevoir le rêve comme clé des régions inconnues de l'âme, comme voie d'accès à une réalité supérieure ; ce qui, dans leurs écrits, se traduit par la nostalgie d'une autre existence et un sentiment d'étrangeté au monde, comme si nous ne pouvions entrevoir qu'en songe la vraie dimension de notre être. Le cœur de l'ouvrage se présente comme une mosaïque de fines monographies (Jean-Paul, Tieck, Arnim, Brentano, Hoffmann...) ."
      In Dictionnaire des auteurs, Laffont-Bompiani.


      "Un livre tel que l'Âme romantique et le rêve est un ouvrage capital, irremplaçable."
      Stanislas Fumet, Le Monde, 4 mai 1957.

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